Cinquième d’une fratrie de neuf enfants, Clément Trohel grandit dans la ferme familiale de Larchamp, en Mayenne, dans un contexte rural éprouvant, bouleversé par la Seconde Guerre mondiale. Très tôt confronté à la dureté de la vie, il est profondément marqué par les événements de 1944. Alors âgé de neuf ans, il voit son père risquer sa vie en cachant des aviateurs anglais et découvre, au lendemain des combats, les stigmates de la violence : chars détruits et corps calcinés.
À treize ans, contraint de quitter l’école pour pallier l’hospitalisation de sa mère, il assume des responsabilités précoces qui forgent son sens du devoir. Fidèle aux valeurs transmises par son père, il fait du service aux autres une ligne de conduite.
Appelé sous les drapeaux en octobre 1955, il rejoint le 3e Régiment de Hussards. Envoyé au Maroc, il est déployé à la frontière algéro-marocaine entre mars 1956 et novembre 1957, dans un contexte de tensions liées aux débuts de la guerre d’Algérie.
Mais c’est surtout à partir de 1970 que son engagement prend toute son ampleur. Dans le canton d’Ernée – La Perrine, Clément Trohel devient une figure incontournable. Animé par un profond esprit de solidarité, il veille à ce qu’aucun ancien combattant, veuve ou ressortissant de l’ONaCVG ne soit laissé dans l’isolement. Intermédiaire précieux entre les bénéficiaires et les services départementaux, il accompagne les plus fragiles dans leurs démarches administratives, souvent complexes.
Au fil des années, son action dépasse le simple cadre associatif : elle se mesure en vies soutenues et en difficultés surmontées. Par son dévouement constant, Clément Trohel rappelle que le monde combattant est avant tout une communauté solidaire, où chacun mérite attention et soutien.