Pouvez-vous nous parler de votre mari ?
Pierre est né le 30 avril 1977 et s’est engagé alors qu’il n’avait pas encore 17 ans. Il a servi pendant une vingtaine d’années. Il se faisait appeler Peio, qui est la traduction de Pierre en basque. Il était fier de ses hommes et de son métier. Sa vie était dédiée au service du pays.
Lors de sa dernière opération extérieure dans le cadre de l’opération Barkhane, son véhicule a sauté sur une mine, le blessant et tuant l’un de ses camarades. Cet événement l’a profondément marqué.
A son retour en France, il n’a pas souhaité repartir immédiatement et a travaillé au CIRFA de Bordeaux. Peu de temps avant d’être diagnostiqué, il avait passé un test pour être promu lieutenant et repartir en mission. La maladie ne lui en a pas laissé le temps.
Sa maladie ayant été reconnue à titre professionnel, Pierre a été suivi à l’hôpital militaire Robert Picqué de Bordeaux.
« Une aide précieuse dans une période extrêmement difficile »
A la mort de Pierre, j’ai immédiatement reçu un dossier pour constituer ma demande de statut de conjoint survivant. J’ai été accompagnée par l’assistante de service social, Madame Clerc, qui m’a aidée à comprendre et à effectuer les démarches. Je ne la remercierai jamais assez pour son aide, qui a été précieuse dans cette période extrêmement difficile. Elle continue de m’accompagner aujourd’hui lorsque c’est nécessaire, et je peux la rencontrer sur rendez-vous.
Un suivi psychologique est proposé, notamment avec l’AGPM (Association générale de la prévoyance militaire), ainsi que des aides financières. L’ONaCVG m’a notamment aidée à me reloger, puisque nous vivions dans un logement militaire. Je bénéficie également d’une pension de réversion mensuelle, octroyée grâce au dossier que j’évoquais.
« Je sais que je serai accompagnée quoi qu’il arrive »
L’ONaCVG m’a grandement soutenue dans cette épreuve. Madame Clerc a été formidable à mon égard ; elle m’apporte un soutien à la fois psychologique et matériel. J’ai une profonde confiance dans le service social et la certitude de leur disponibilité en cas de besoin. Je ne demande pas facilement de l’aide, mais il est important pour moi de savoir que je serai épaulée quoi qu’il arrive.
Un mot, enfin, pour mon mari : je serai toujours fière de lui, de son engagement, de ses valeurs et du son service rendu à la Nation. C’était un homme droit ; je n’oublierai jamais son sacrifice.