Guerre d'Algérie : témoignage dans un lycée à Issy-les-Moulineaux
Le 13 mars 2019, 120 élèves de Terminale ont eu la chance d’assister à une nouvelle séance de témoignages d’anciens acteurs et témoins de la guerre d’Algérie.
C’est devant le lycée Eugène Ionesco d’Issy-les-Moulineaux que se sont retrouvés quatre personnes complètement différentes, et qui pourtant ont un point commun : la guerre d’Algérie.
Les 120 élèves installés, c’est dans le calme et l’émotion qu’a débuté cette nouvelle séance de témoignage, organisée par l’ONACVG.
Les quatre témoins, de gauche à droite : Lalia Ducos, Messaoud Guerfi, Bernard Zimmerman et Jean-Pierre Louvel
Jean-Pierre Louvel, ancien appelé du contingent, âgé d’une vingtaine d’années lors de sa mobilisation. Il raconte son départ, son arrivée, sa vie là-bas où se mêlent les souvenirs d’horreurs et les moments heureux. Sur un ton franc et grave, il évoque cette « parenthèse de sa vie » comme il l’appelle.
Bernard Zimmerman, Pied-noir, vivait à Oran, une ville alors européenne où les cultures se mélangeaient peu. Puis la guerre d’Algérie éclate. Il se souvient de la censure, du peu d’informations qu’il parvenait à obtenir. Il est rentré en France métropolitaine en 1966. Professeur d’école, il enseignait le Français, et redoutait en permanence les actions de l’OAS. Il n’est jamais retourné en Algérie depuis.
Messaoud Guerfi, ancien harki engagé à 19 ans dans l’armée française, en 1958, suite à la perte de plusieurs membres de sa famille lors d’un attentat. A la fin de la guerre, en 1962, il est arrêté par le Front de libération nationale et emprisonné. Il réussit à s’échapper grâce au concours de sa mère et d’un officier de l’Armée de libération nationale.
Messaoud Guerfi, lors de son témoignage devant les 120 élèves
Lalia Ducos a milité pour une Algérie indépendante et pour le droit des femmes. Originaire d’une famille modeste, elle vient de la ville de Cherchell, sur la côte. Isolée, elle passait la plus grande partie de son temps à étudier, poussée par des parents désireux de la voir réussir. En arrivant à Blida, elle se met à fréquenter des Européens, et poursuit ses études malgré une certaine pression sociale. Elle suit des études d’esthéticienne lorsqu’elle assiste à un attentat de l’OAS. Elle se rend alors en France où elle découvre l’ignorance de la métropole vis-à-vis de ce qui se déroulait en Algérie. Lors de son retour, elle décide de s’investir. Aujourd’hui, elle lutte encore pour le droit des femmes, et pour l’éducation de tous.
Les élèves ont manifesté une grande attention, et ont posé de nombreuses questions à la fin de la séance. Plus que de simples témoignages, les intervenants ont souhaité leur inculquer une vraie leçon de vie, de courage, et de dialogue des mémoires. Tous ont formulé le souhait de les voir réussir, et de ne jamais se décourager.
Ce genre d’actions menées par l’ONACVG se développe dans des établissements à travers tout le territoire, où élèves et professeurs souhaitent réitérer l’expérience.
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