Bulles de Mémoire: rencontre exceptionnelle entre des collégiens et le groupe de recherche des fusillés du bois de la Reulle (31)
Certaines histoires ne peuvent laisser indifférents, quel que soit l’âge des interlocuteurs. Il en va ainsi de l’affaire des fusillés du Bois de la Reulle. Ce mardi 5 février, une classe de 4e du collège Jean Moulin à Toulouse en a fait l’expérience.
Ces collégiens, inscrits au concours de bande dessinée "Bulles de Mémoire" par leur professeur d’art, Hélène Bernus, dans le cadre du parcours laïque et citoyen impulsé par le Conseil départemental, travaillent autour du thème « Après la guerre, se reconstruire ». La thématique est vaste, aussi décident-ils de s’arrêter sur la reconstruction par le deuil. Un sujet pointu et lourd en charge émotionnel ? Sans doute, mais les exemples à Toulouse sont nombreux.
L'équipe de recherche des fusillés du Bois de la Reulle
Parmi ces dossiers douloureux, l’un se distingue peut-être : l’affaire des fusillés du Bois de la Reulle. En juin 1944, quinze résistants furent extraits des geôles de la prison Saint-Michel par la division SS Das Reich et fusillés à Castelmaurou-Gragnague. Après guerre, seuls dix corps furent réclamés. Cinq ne furent jamais identifiés… Jusqu’à ce qu’un groupe de chercheurs passionnés d’histoire se constitue pour rendre un visage à ces hommes à qui les nazis avaient retiré jusqu’à leur nom dans la mort. Travail minutieux d’enquêteurs en recoupant des archives aussi bien que des témoignages, démarches administratives et judiciaires complexes, analyse et comparaison d’ADN avec des descendants supposés parfois difficilement localisables… Et finalement, quatre corps identifiés sur cinq.
Jean Pierre, descendant de l'un des fusillés, prêt à répondre aux nombreuses questions des collégiens
Ils s’appellent Rose, Claire, Monique, Jean-Pierre, Jean-Louis, Jean-Marie, Arlette……Ils se sont construits dans l’absence d’un père, d’un oncle, d’un amour de jeunesse disparu dont ils ne savaient pas ce qu’il était advenu. Et des années après, enfin, grâce au groupe de chercheurs, ils connaissent la vérité et peuvent ainsi commencer leur deuil… C’est cette histoire émouvante que sont venus raconter les membres du groupe de recherche à des collégiens médusés. Georges, René, Jean-Claude, Charlie étaient présents pour répondre à leurs questions sur cette démarche mémorielle. Et plus émouvant encore, Jean-Pierre, descendant de l’un des résistants fusillés dont l’identité a été retrouvée, était également présent pour témoigner. Une séance exceptionnelle, qui augure certainement des planches de bandes dessinées très émouvantes.
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